Postes à risque · Obligation de sécurité · Règlement intérieur

Dépistage alcool et stupéfiants en intérim et travail temporaire

Tests salivaires marqués CE, éthylotests NF et cadre juridique : sécurisez vos postes à risque, dans le respect du droit.

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En bref · Dépistage des intérimaires : l’essentiel
  • L’entreprise utilisatrice est responsable de la sécurité au poste : son règlement intérieur s’applique aussi aux intérimaires.
  • Le contrôle à la prise de poste est le moment clé — prévoir un dispositif rapide (salivaire, éthylotest).
  • La coordination ETT / entreprise utilisatrice doit être écrite (qui contrôle, qui sanctionne, qui informe).

Une agence d’emploi place chaque semaine des intérimaires sur des chantiers, des lignes de production ou des postes de conduite d’engins où la moindre altération de la vigilance peut virer à l’accident grave. Le travail temporaire cumule les facteurs de risque : rotation rapide, postes à risque, précarité et forte présence dans le BTP, secteur le plus touché par les conduites addictives. En cas d’accident sur un poste de sûreté ou de sécurité, la responsabilité de l’agence comme celle de l’entreprise utilisatrice peut être recherchée. Disposer d’une solution de dépistage fiable et légalement encadrée devient une brique de prévention indispensable.

L’enjeu sur vos postes à risque

Sur un poste de sûreté, une défaillance ne pardonne pas.

Accident du travail
Conduite, travail en hauteur, machines : une vigilance altérée peut être dramatique. Les substances psychoactives sont impliquées dans 15 à 20 % des accidents du travail.
Responsabilité de l’employeur
Ne rien prévoir face à un risque connu peut être qualifié de manquement à l’obligation de sécurité, voire de faute inexcusable.
Coût caché
Absentéisme, arrêts de travail, baisse de productivité, sinistralité : les conduites addictives pèsent lourd sur les comptes.

Le secteur en chiffres

Des données qui rappellent l’enjeu, sur le terrain.

Les données récentes confirment une surexposition du travail temporaire. Selon la cartographie nationale des addictions établie sur plus de 110 000 dépistages inopinés en entreprise entre 2017 et 2025, les intérimaires ne représentent que 15 % de l’échantillon mais concentrent 25 % des cas positifs au cannabis et 31 % des cas positifs à la cocaïne. Dans le bâtiment, la consommation atteint des niveaux préoccupants, jusqu’à 31 % des intérimaires déclarant consommer du cannabis. Sur des postes de sécurité, cela se traduit par un risque d’accident grave qui, selon l’INRS, est multiplié par deux chez un homme consommant au moins quatre verres d’alcool par jour.

  • 31 % des intérimaires du bâtiment déclarent consommer du cannabis, contre environ 10 % des salariés de la construction.
  • 25 % des cas positifs au cannabis et 31 % à la cocaïne concernent des intérimaires, alors qu’ils ne pèsent que 15 % des personnes dépistées.
  • Le risque d’accident du travail grave est multiplié par 2 chez un homme consommant au moins quatre verres d’alcool par jour.

Sources : cartographie nationale des addictions en entreprise (dépistages inopinés 2017-2025) relayée par la presse spécialisée BTP ; INRS (Institut national de recherche et de sécurité) ; Prévention BTP.

Ce que la loi autorise à l’employeur

Un dispositif encadré, proportionné et opposable.

Le dépistage en entreprise n’est pas libre : il doit être réservé aux postes de sûreté et de sécurité, ceux pour lesquels une altération de la vigilance fait courir un danger à l’intéressé ou à des tiers (conduite d’engins, travail en hauteur, manipulation de machines). Le recours au dépistage, ses modalités et les postes concernés doivent être expressément inscrits au règlement intérieur, avec information préalable du salarié et possibilité de contre-expertise. Seul le test salivaire de détection immédiate peut être réalisé par un membre de l’encadrement habilité, sans intervention médicale ; l’éthylotest est utilisé dans les mêmes conditions pour l’alcool. Ces dispositifs constatent une consommation sans poser de diagnostic médical.

Mettre en place un dépistage, étape par étape

Une démarche simple, encadrée et opposable.

1
Identifier les postes à risque
Conduite d’engins ou de véhicules, travail en hauteur, machines dangereuses, port d’arme.
2
Inscrire la clause au règlement intérieur
Soumise au CSE et transmise à l’inspection du travail : sans elle, aucun contrôle n’est opposable.
3
S’équiper en matériel conforme
Tests salivaires marqués CE pour les stupéfiants, éthylotests NF pour l’alcool.
4
Former et encadrer
Confidentialité, contre-expertise à la charge de l’employeur, interprétation par le médecin du travail.
NF & CE
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Conseil
Un dispositif adapté à vos postes

Questions fréquentes

En tant qu’agence d’intérim, puis-je dépister mes intérimaires avant une mission ?

Le dépistage ne peut viser que les postes de sûreté et de sécurité identifiés, et doit être prévu par le règlement intérieur de l’agence ou de l’entreprise utilisatrice. Il ne peut pas être systématique ni généralisé à l’ensemble des salariés : il vise à prévenir un danger, pas à sanctionner la vie privée.

Quelle est la différence entre test salivaire et prise de sang ?

Le test salivaire détecte une consommation récente de stupéfiants et peut être réalisé sur site par un encadrant habilité, sans médecin, avec un résultat immédiat. La prise de sang relève exclusivement du médecin. C’est pourquoi le test salivaire, complété par l’éthylotest pour l’alcool, est le seul dépistage réalisable directement par l’employeur.

Le salarié peut-il refuser ou contester le test ?

Le salarié doit pouvoir demander une contre-expertise médicale, condition indispensable à la validité du dispositif. Un refus de se soumettre à un test régulièrement prévu par le règlement intérieur, sur un poste de sécurité, peut en revanche être considéré comme fautif.

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