Alcool à vélo et en trottinette : que dit la loi

En bref — Le seuil légal d’alcoolémie à vélo et en trottinette électrique (EDPM) est identique à celui de la voiture : 0,5 g/l de sang (0,25 mg/l d’air expiré), abaissé à 0,2 g/l en permis probatoire. Aucun point n’est retiré, mais l’amende va jusqu’à 750 euros ; au-delà de 0,8 g/l, c’est un délit.

La question de l’alcool à vélo revient de plus en plus souvent, notamment avec l’essor des trottinettes électriques et des mobilités douces en ville. Beaucoup pensent qu’en laissant la voiture au garage, ils échappent à toute réglementation sur l’alcool au volant. C’est une erreur. Le Code de la route s’applique à tout conducteur d’un véhicule, y compris à celui qui circule à vélo ou en trottinette électrique. Les seuils d’alcoolémie, les sanctions et les contrôles existent bel et bien, avec toutefois des différences notables par rapport à la voiture, en particulier sur la question du retrait de points. Cet article fait le point complet sur ce que dit la loi en 2026 pour les cyclistes et les usagers d’engins de déplacement personnel motorisés (EDPM).

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📌 À retenir

  • Le seuil légal d’alcoolémie est identique à celui de la voiture : 0,5 g/l de sang (0,25 mg/l d’air expiré), abaissé à 0,2 g/l pour les jeunes conducteurs en permis probatoire.
  • À vélo ou en trottinette électrique, aucun point n’est retiré sur le permis de conduire, mais l’amende reste identique à celle d’une infraction en voiture (jusqu’à 750 euros ou plus selon le taux).
  • Les trottinettes électriques (EDPM) sont soumises aux mêmes seuils et sanctions que le vélo, mais avec des règles de circulation propres et des risques accrus de responsabilité en cas d’accident.

Alcool et vélo : le Code de la route s’applique aussi

Alcool à vélo et en trottinette : ce que dit la loi

SituationSeuil applicableSanctionRetrait de points
Conducteur expérimenté0,5 g/L de sang (0,25 mg/L d’air)Contravention, jusqu’à 750 €Aucun
Permis probatoire0,2 g/L de sang (0,10 mg/L d’air)Contravention, jusqu’à 750 €Aucun
À partir de 0,8 g/L0,8 g/L de sangDélitAucun sur le permis
Le Code de la route s’applique à tout conducteur de véhicule, y compris à vélo et en engin de déplacement personnel motorisé (EDPM). L’absence de retrait de points ne signifie pas absence de sanction.

Contrairement à une idée très répandue, le vélo n’est pas une zone de non-droit en matière d’alcool. L’article R234-1 du Code de la route interdit à toute personne de conduire un véhicule sous l’empire d’un état alcoolique. Or, un vélo est juridiquement considéré comme un véhicule au sens du Code de la route. Le cycliste qui circule avec un taux d’alcool supérieur au seuil autorisé commet donc une infraction, exactement comme un automobiliste.

Cette règle vaut sur la voie publique : rue, route, piste cyclable, mais aussi sur les trottoirs et les zones ouvertes à la circulation. Les forces de l’ordre peuvent contrôler un cycliste au même titre qu’un conducteur de voiture, que ce soit lors d’un contrôle systématique, à la suite d’une infraction constatée ou après un accident.

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Le vélo est bien un véhicule au sens de la loi

Le statut juridique du vélo est central pour comprendre la réglementation. Un cycle, qu’il soit classique ou à assistance électrique (VAE) dont la puissance et la vitesse respectent les limites réglementaires (25 km/h, 250 watts), est un véhicule. À ce titre, son conducteur est soumis aux dispositions générales du Code de la route relatives à la conduite en état d’alcoolémie. Cette qualification explique pourquoi les seuils et les amendes sont calqués sur ceux applicables aux automobilistes.

Où et quand un cycliste peut-il être contrôlé ?

Un cycliste peut faire l’objet d’un dépistage d’alcoolémie dans plusieurs situations : lors d’un contrôle préventif organisé par les forces de l’ordre, après avoir commis une infraction au Code de la route (franchissement de feu rouge, circulation en sens interdit), ou à la suite d’un accident de la circulation, qu’il en soit responsable ou victime. Le dépistage s’effectue généralement par éthylotest, puis, en cas de résultat positif, par éthylomètre ou prise de sang pour confirmer le taux exact.

Quel seuil d’alcoolémie pour le vélo et la trottinette ?

Le seuil applicable au vélo et à la trottinette électrique est strictement identique à celui de la voiture. Il n’existe aucune tolérance particulière pour les mobilités douces. Un conducteur peut donc être verbalisé pour conduite d’un vélo sous l’empire d’un état alcoolique dès qu’il dépasse la limite légale.

Le seuil de 0,5 g/l de sang

La limite générale est fixée à 0,5 gramme d’alcool par litre de sang, ce qui correspond à 0,25 milligramme d’alcool par litre d’air expiré. Entre 0,5 et 0,8 g/l, l’infraction constitue une contravention. À partir de 0,8 g/l de sang (0,4 mg/l d’air expiré), il s’agit d’un délit, avec des sanctions bien plus lourdes. Ces seuils sont les mêmes pour tous les véhicules, motorisés ou non.

Le cas des jeunes conducteurs et du permis probatoire

Pour les titulaires d’un permis probatoire (jeunes conducteurs pendant les trois premières années, ou deux ans en conduite accompagnée), le seuil est abaissé à 0,2 g/l de sang, soit l’équivalent d’un verre. Cette règle vise en priorité la conduite d’un véhicule motorisé, mais la vigilance reste de mise. Il est important de rappeler qu’un seul verre d’alcool peut suffire à approcher ou dépasser ce seuil très bas.

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Sanctions : amende oui, retrait de points non

C’est ici que réside la principale différence entre le vélo et la voiture. La conduite d’un vélo ou d’une trottinette électrique en état d’alcoolémie n’entraîne pas de retrait de points sur le permis de conduire. En revanche, l’amende, elle, s’applique pleinement et peut être élevée.

Pourquoi pas de retrait de points ?

Le retrait de points est une sanction rattachée au permis de conduire, document obligatoire pour la conduite d’un véhicule motorisé de type voiture ou moto. Or, la conduite d’un vélo ou d’une trottinette électrique n’exige pas de permis. Par conséquent, l’administration ne peut pas retirer de points à un cycliste ou à un utilisateur d’EDPM, puisque l’infraction n’est pas rattachée à ce titre. Cela ne signifie pas pour autant que l’infraction est sans conséquence.

Le montant des amendes selon le taux

Entre 0,5 et 0,8 g/l de sang, il s’agit d’une contravention de 4e classe. L’amende forfaitaire est de 135 euros, pouvant être minorée à 90 euros en cas de paiement rapide, ou majorée jusqu’à 750 euros en cas de retard. À partir de 0,8 g/l, ou en cas de refus de se soumettre au dépistage, l’infraction devient un délit passible d’une amende pouvant atteindre 4 500 euros. Le montant de l’amende ne dépend donc pas du type de véhicule mais du taux d’alcool constaté et de la nature de l’infraction.

Les autres conséquences possibles

Au-delà de l’amende, un cycliste ou un conducteur d’EDPM en état d’alcoolémie s’expose à d’autres mesures. En cas de délit, le juge peut prononcer une immobilisation du véhicule, une peine de travail d’intérêt général, un stage de sensibilisation à la sécurité routière, voire, dans certains cas, une suspension du permis de conduire si la personne en détient un. Il faut aussi garder à l’esprit qu’en cas d’accident, l’état d’alcoolémie peut aggraver la responsabilité civile et pénale du conducteur, avec des répercussions importantes sur l’indemnisation par les assurances.

Trottinette électrique et EDPM : des règles spécifiques

Les trottinettes électriques, gyropodes, monoroues et hoverboards relèvent de la catégorie des engins de déplacement personnel motorisés (EDPM). Depuis leur encadrement réglementaire, ces engins sont soumis à des règles de circulation précises, en plus des dispositions sur l’alcoolémie qui restent identiques à celles du vélo.

Qu’est-ce qu’un EDPM ?

Un EDPM est un engin sans place assise, doté d’un moteur, conçu pour le déplacement d’une seule personne et dont la vitesse est bridée à 25 km/h. La trottinette électrique en est l’exemple le plus courant. La conduite d’un EDPM est interdite aux moins de 12 ans, et le conducteur doit circuler sur les pistes cyclables ou, à défaut, sur la chaussée dont la vitesse est limitée à 50 km/h. La circulation sur les trottoirs est en principe interdite, sauf autorisation locale et engin tenu à la main.

Alcool en trottinette : mêmes seuils, mêmes sanctions

Pour l’alcool, le régime applicable à la trottinette électrique est calqué sur celui du vélo. Le seuil reste fixé à 0,5 g/l de sang, aucun point n’est retiré du permis, et l’amende suit le même barème selon le taux constaté. La trottinette étant un engin motorisé souvent utilisé en milieu urbain dense, les contrôles se multiplient et les forces de l’ordre y prêtent une attention croissante, notamment en soirée et à la sortie des lieux festifs.

Assurance et responsabilité en cas d’accident

Un point souvent sous-estimé concerne l’assurance. Les EDPM doivent obligatoirement être couverts par une assurance de responsabilité civile. En cas d’accident survenu sous l’empire d’un état alcoolique, l’assureur peut réduire, voire refuser sa garantie, laissant le conducteur supporter personnellement les conséquences financières des dommages causés à autrui. Cette dimension rend le sujet de l’alcool en trottinette particulièrement sensible pour les employeurs et les entreprises dont les salariés utilisent ces engins.

Comprendre l’alcoolémie pour mieux la prévenir

Que l’on circule en voiture, à vélo ou en trottinette, le mécanisme de l’alcoolémie reste le même. Le taux d’alcool dans le sang dépend de la quantité consommée, du poids, du sexe, de l’état de fatigue et du fait d’avoir mangé ou non. Un verre standard fait monter l’alcoolémie d’environ 0,20 à 0,25 g/l, et le corps élimine l’alcool lentement, à un rythme d’environ 0,10 à 0,15 g/l par heure. Il n’existe aucune astuce pour accélérer cette élimination : ni café, ni douche froide, ni activité physique.

Pour approfondir le fonctionnement de l’alcoolémie, les seuils réglementaires et les méthodes de dépistage, vous pouvez consulter notre guide complet sur le sujet. notre guide de l’alcoolémie

La prévention en entreprise et en collectivité

De plus en plus d’entreprises intègrent la question de l’alcool et des stupéfiants dans leur démarche de prévention des risques, y compris pour les déplacements professionnels effectués à vélo ou en trottinette. Mettre à disposition des éthylotests, sensibiliser les collaborateurs aux seuils légaux et rappeler les conséquences d’une infraction sont des mesures simples et efficaces. Le dépistage préventif contribue à réduire les accidents et à protéger la responsabilité de l’employeur comme celle du salarié.

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Foire aux questions

Peut-on perdre des points de permis en roulant à vélo alcoolisé ?

Non. La conduite d’un vélo ne nécessitant pas de permis, aucun point ne peut être retiré sur le permis de conduire. En revanche, l’infraction reste constituée et une amende s’applique pleinement, avec des sanctions plus lourdes à partir de 0,8 g/l de sang.

Quel est le seuil d’alcool autorisé à vélo ?

Le seuil est identique à celui de la voiture : 0,5 g/l de sang, soit 0,25 mg/l d’air expiré. Il est abaissé à 0,2 g/l pour les conducteurs en permis probatoire. Au-delà de 0,8 g/l, l’infraction devient un délit.

Les règles sont-elles les mêmes pour la trottinette électrique ?

Oui. Pour l’alcoolémie, la trottinette électrique (EDPM) est soumise aux mêmes seuils et aux mêmes amendes que le vélo, sans retrait de points. Les EDPM ont toutefois des règles de circulation spécifiques et une obligation d’assurance de responsabilité civile.

Un policier peut-il contrôler mon alcoolémie à vélo ?

Oui. Les forces de l’ordre peuvent soumettre un cycliste à un dépistage lors d’un contrôle préventif, après une infraction ou à la suite d’un accident. Le refus de se soumettre au dépistage constitue lui-même un délit sévèrement sanctionné.

Que risque-t-on en cas d’accident à vélo sous alcool ?

Au-delà de l’amende, l’état d’alcoolémie peut aggraver la responsabilité pénale et civile du conducteur. L’assurance peut réduire ou refuser sa garantie, laissant le cycliste supporter le coût des dommages causés à autrui, ce qui peut représenter des sommes très importantes.

Cet article a une vocation informative et ne constitue pas un conseil juridique. La réglementation relative à l’alcool au volant et à la conduite des vélos et EDPM peut évoluer et son application dépend des circonstances propres à chaque situation. En cas de doute ou de litige, il est recommandé de consulter un professionnel du droit ou de se référer aux textes officiels en vigueur.

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