Elle intrigue par sa couleur, son nom et son image « festive » : la cocaïne rose, aussi appelée Tucibi, Tusi ou « pink powder », s’est diffusée dans les espaces festifs depuis quelques années. Mais derrière l’appellation se cache une réalité trompeuse — et un vrai danger, car personne ne sait vraiment ce qu’il consomme. Décryptage.
📌 À retenir
- La cocaïne rose (Tucibi, Tusi, « pink powder ») ne contient le plus souvent ni cocaïne ni 2C-B.
- C’est un mélange, généralement à base de kétamine, de MDMA et de caféine.
- Sa composition imprévisible en fait un produit particulièrement risqué.
- Un test « cocaïne » sera négatif : seuls des panels adaptés repèrent certains de ses composants.
Cocaïne rose : un nom qui trompe
Contrairement à ce que laisse penser son nom, la cocaïne rose ne contient généralement ni cocaïne, ni 2C-B (la molécule dont le surnom « Tucibi » est pourtant dérivé). Il s’agit en réalité d’un cocktail de plusieurs substances, dont la composition varie d’un échantillon à l’autre.
Les analyses menées par les observatoires spécialisés retrouvent le plus souvent un mélange de kétamine, de MDMA et de caféine, auquel s’ajoute un colorant rose. D’autres substances peuvent s’y trouver selon les lots. Cette variabilité est précisément ce qui rend le produit dangereux.
Pourquoi est-ce si risqué ?
Le danger de la cocaïne rose tient à trois facteurs. D’abord, l’imprévisibilité : sans connaître la composition ni les doses, impossible d’anticiper les effets. Ensuite, la polyconsommation cachée : mélanger kétamine et MDMA sans le savoir expose à des interactions et à une surcharge pour l’organisme. Enfin, l’effet de banalisation : la couleur et le nom « glamour » atténuent la perception du risque, notamment chez les plus jeunes.
Les effets combinés d’un dissociatif (kétamine) et d’un stimulant empathogène (MDMA) peuvent aller de la désorientation à des complications cardiovasculaires, majorées par la chaleur et l’effort en contexte festif.
La cocaïne rose et le dépistage
Point essentiel pour les professionnels : un test « cocaïne » ressortira négatif, puisque le produit n’en contient pas. C’est un piège classique. Pour repérer ses composants réels, il faut un panel adapté : la MDMA est généralement couverte par les tests multi-drogues incluant les amphétamines/MDMA, tandis que la kétamine n’est pas recherchée par la plupart des panels standards et nécessite un test spécifique.
Autrement dit, face à un produit-mélange comme la cocaïne rose, la logique du dépistage ciblé montre ses limites. En milieu professionnel exposé, un panel multi-drogues bien choisi augmente les chances de détection, et la confirmation en laboratoire tranche les cas complexes.
Prévention en milieu festif et professionnel
Pour les organisateurs d’événements et les acteurs de la prévention en milieu festif, la cocaïne rose illustre la nécessité d’un discours clair : un produit dont on ignore la composition est, par définition, à haut risque. Information, présence de dispositifs de secours et vigilance sur les malaises restent les meilleurs leviers.

Foire aux questions
La cocaïne rose contient-elle de la cocaïne ?
Le plus souvent, non. Les analyses retrouvent surtout de la kétamine, de la MDMA et de la caféine. La composition varie selon les échantillons, ce qui accroît le risque.
Un test salivaire détecte-t-il la cocaïne rose ?
Pas directement. Un test « cocaïne » sera négatif. Certains composants comme la MDMA peuvent être détectés par un panel adapté, mais la kétamine échappe généralement aux tests standards.
Pourquoi l’appelle-t-on Tucibi ou 2C-B ?
Le nom vient de la molécule 2C-B, mais la poudre rose vendue aujourd’hui n’en contient généralement pas. C’est un abus de langage commercial qui entretient la confusion.
Cet article a une vocation informative et de prévention. Il ne constitue ni un avis juridique ni un avis médical personnalisé.
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